Une collection de timbres-poste peut-elle avoir une valeur ?

« Combien vaut ma collection ? », « si je la vends aujourd’hui, quel prix vais-je pouvoir en obtenir ? »


Ces questions sont très courantes et légitimes chez le collec­tionneur ou même chez celui qui récupère - notamment par héritage - une collection de timbres ou de plis. La valeur de la collection se fonde en fait sur plusieurs critères : la rareté, la qualité, la demande.

La rareté des pièces se détermine en consultant des catalogues philatéliques généralistes ou spécialisés. Si cette rareté est connue pour tout timbre-poste en général, elle est plus subjective dans le cas d’une lettre ou de tout objet postal. Les conseils d’une association philatélique ou d’un négociant expert membre de la CNEP sont parfois nécessaires. Pour un timbre-poste, la qualité est définie par le bon état (dentelure correcte, gomme impecca­ble pour les timbres neufs, centrage correct) qui fait de ce dernier un timbre « premier choix ». Cette qualité est plus aléatoire pour une lettre. Il est donc difficile de déterminer sans se tromper la valeur réelle d'un timbre ou d’une collection, quelques timbres exceptionnels ou un pli rare en font parfois la valeur. Reste enfin la demande sur le marché philatélique, elle aussi aléatoire, à l’exception des pièces rares ou célèbres qui trouvent toujours preneur.


Les catalogues : outil indispensable du collectionneur de timbres pour estimer la valeur de vos timbres

Pour identifier ses pièces, connaître leurs particularités et, bien sûr, estimer sa collection, les catalogues de cotation de timbres sont incontournables.

Comment ça marche ? Un index alphabétique thématique, en début de catalogue, permet en général de retrouver un timbre dans le déroulé du catalogue. Les timbres sont classés par pays dans un ordre chronologique. Selon le catalogue, on va retrouver l’année d’émission du timbre, son sujet, son mode d’impression, sa valeur faciale, sa dentelure, le tirage, voire les noms du dessinateur et du graveur, son usa­ge postal, et enfin sa date de retrait. Les éditeurs de catalogue attribuent au timbre un numéro. Grâce à lui, chaque timbre est identifiable par tous les collectionneurs du monde. Ils reproduisent en général le timbre-poste soit en couleur, soit en noir et blanc.
Ils établissent une cotation du timbre : deux cotes sont attribuées à chaque timbre selon qu’il est neuf ou oblitéré. Depuis son édition 1996, le catalogue Yvert & Tellier a introduit une troisième colonne pour les émissions entre 1900 et 1959. La colonne de gauche concerne donc les timbres neufs avec gomme impeccable, celle du milieu les timbres neufs avec traces de charnière, celle de droite les timbres oblitérés. La cote est une base de transaction pour échanger et vendre. Elle constitue un ordre d’idée de la valeur d’un timbre mais n’est pas un prix.

Depuis l’avénement du multimédia, les éditeurs déclinent leur catalogues sur cédérom et sur internet. Yvert et Tellier propose une version en ligne de son catalogue : Phila’plus en ligne. En plus de proposer une partie de son catalogue, celui-ci permet de gérer selon différents niveaux de classement un ou plusieurs collections de timbres avec possibilité d’éditer une mancolise. L'estimation et la valeur des collections en sont ainsi grandement facilitées.

Faut-il expertiser ou non les timbres ?

Les timbres-poste s’échangent, mais ils se vendent aussi. Pour en connaître la valeur, les négociants philatéliques peuvent aider le collectionneur. Rassemblés au sein de la Chambre Syndicale des Négociants et Experts en Philatélie (CNEP), ils sont présents dans les expositions ou au marché du timbre à Paris (le Carré Marigny). Au sein de la CNEP, certains négociants sont experts et peuvent apporter une aide efficace au collectionneur qui souhaite connaître la valeur de sa collection, d’un timbre-poste de sa collection ou d’un pli. Les consulter permet souvent de savoir si la pièce que l’on croit d’une grande valeur l’est réellement ou non : ce sont des spécialistes compétents et ils s’engagent dans leur expertise par un certificat authentifiant votre timbre-poste ou votre objet postal.

Expertise ou estimation ?

Deux termes qui recouvrent deux réalités différentes mais vont souvent de paire. Faire expertiser une pièce permet d’en faire valider l’authenti­cité. L’expert, après examen, signe ladite pièce ou le tim­bre (au verso), chaque expert marquant les pièces selon un code de signature qui lui est propre. Pour les pièces les plus rares, il établit un certifi­cat d’authenticité, sorte d’état civil du timbre: y figurent la conformité de la pièce à son origine prétendue, ses caractéristiques et une photo de la pièce expertisée. Le certificat étant payant, il n’est intéressant à réaliser que pour des pièces d’une certaine valeur. Prudence car s’il existe des fausses pièces, on trouve aussi de faux certificats. Il convient donc de faire vérifier son authenticité auprès de l’expert qui l’a établi. Le certificat comme la signature engagent la responsabilité de l’expert pendant trente ans. Une spécificité française qui protège l’acheteur, puis ses ayants droit.

Source : L'Encyclophilatélie (Editions Yvert et Tellier)